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Influence de l’apprentissage musical sur le traitement des syllabes

Thèse Résumé
Source https://scanr.enseignementsup-recherche.gouv.fr/publication/these2011AIX20678

Mon thème de recherche est d’étudier l’influence de l’apprentissage de la musique sur le traitement acoustique et phonologique de la syllabe chez des enfants normolecteurs et dyslexiques. Dans ce but, j’ai conduit plusieurs expériences basées sur l’utilisation conjointe des méthodes issues de la psychologie expérimentale (Temps de Réaction, TRs, et pourcentage d’erreurs, %err) et de l’électrophysiologie chez l’homme (Potentiels Evoqués, PEs). En comparant des enfants musiciens et non-musiciens de 9 ans, j’ai d’abord testé les effets de l’expertise musicale sur les traitements attentif (TRs et %err) et pré-attentif (en utilisant la Mismatch Negativity, MMN) de paramètres acoustiques, fréquence et durée des syllabes, et d’un paramètre phonologique, le Voice Onset Time (VOT; Expérience I). Les résultats montrent que l’expertise musicale améliore les traitements pré-attentif et attentif de la durée et du VOT dans les syllabes et le traitement attentif des variations de fréquence. Dans une seconde étude, j’ai utilisé la MMN pour comparer le traitement de ces mêmes paramètres chez des enfants dyslexiques et normolecteurs. Les enfants dyslexiques montrent un déficit du traitement de la durée des syllabes et du VOT comparés aux enfants normolecteurs. Enfin, dans les deux dernières études, j’ai utilisé la méthode longitudinale pour tester l’influence de l’apprentissage de la musique sur le traitement pré-attentif (MMN) de ces mêmes paramètres chez des enfants normolecteurs (Expérience III) et dyslexiques (Expérience IV). Les résultats de l’Expérience III montrent que 12 mois d’apprentissage de la musique améliorent le traitement pré-attentif de la durée et du VOT chez les enfants normolecteurs. En reproduisant les effets trouvés dans l’Expérience I, ces résultats soulignent que l’avantage mis en évidence chez les enfants musiciens ne résulterait pas uniquement de prédispositions génétiques pour la musique mais serait causalement lié à l’apprentissage musical. Enfin, les résultats de l’Expérience IV montrent que 6 mois d’apprentissage de la musique améliorent le traitement pré-attentif du VOT chez les enfants dyslexiques, suggérant que l’apprentissage musical pourrait être utilisé comme une aide à la remédiation de la dyslexie.Pris dans leur ensemble, ces résultats démontrent une relation forte entre traitements acoustique et phonologique. L’apprentissage de la musique, en améliorant la sensibilité des enfants aux paramètres acoustiques dans la musique et dans le langage (processus communs), augmenterait également leur sensibilité aux paramètres phonologiques associés et permettrait ainsi la construction de représentations phonologiques plus robustes (transfert d’apprentissage de la musique vers le langage).